Programme de l’année universitaire 2024 / 2025

NOUVEAUX MALAISES DANS LA CIVILISATION

L’homme n’a jamais cessé d’espérer en les progrès des sciences et des techniques. La rationalité pourrait ainsi faire disparaître la souffrance et offrir à quiconque une sécurité qui ne ferait jamais défaut. Cependant, Freud n’a jamais cru en cette illusion. En effet, l’avenir des civilisations ne doit susciter ni enthousiasme, ni pessimisme car la culture ne semble pas porter en elle l’origine des perversions humaines, comme le supposait Rousseau, et n’évolue pas davantage vers une amélioration morale comme l’espérait Kant. Freud (1930) se garde donc « [] d’acquiescer au préjugé selon lequel la civilisation serait […] la voie vers la perfection fixée d’avance comme but à l’homme » (p. 94-95). La civilisation est plutôt celle qui encore, offre la possibilité de contourner la castration, à travers diverses modalités et discours toujours renouvelés.

Les sujets que nous recevons sont parfois marqués du sceau de la science -ou de ce qui se présente comme telle-. Le diagnostic qui était, il y a encore quelques années, un signifiant honteux et à cacher, s’est transformé en faire-valoir identitaire. Un signifiant « tout seul » prenant parfois valeur de destin et dont le sens se dilue dans l’usage des acronymes dont on ne sait plus s’ils relèvent de la science ou de l’administration des hommes. « J’ai un « TDAH », un « TSA » » , « Je suis… »HPI », « dys… ». Depuis le développement des neurosciences et la diffusion de leurs découvertes dans le champ social, il n’est pas rare d’entendre de la part du patient que « son problème » vient de son cerveau. Lacan dénonçait déjà cette objectivation constituée par une science qui permet au sujet d’oublier jusqu’à sa propre subjectivité. Le sujet n’a plus qu’à se soumettre à des énoncés. Ce n’est plus le sujet de l’énonciation, c’est le sujet de l’énoncé. Nous observons un phénomène identique avec le suicide assisté en cas de souffrance psychique, comme si l’organisme devenait le modèle fonctionnel de la psyché : incurable. La mort comme réponse, plutôt que la parole ; la mort plutôt que la castration.

Nous déclinerons cette année les nouvelles modalités d’expression de Thanatos dans la civilisation moderne et tenterons de comprendre comment les sujets se les approprient jusqu’à normaliser l’intime et nous nous demanderons comment l’homme peut se décaler de l’injonction mortifère pour trouver sa propre (re)création ?

Comme à l’accoutumée depuis sa création, le Séminaire Pratique sera aimablement accueilli à l’Université de Lorraine – Site de Metz, à l’UFR SHS. L’inscription et la participation sont gratuites et peuvent se faire à tout moment en adressant une demande à : contact-info@seminairepsy.fr

Les séances auront lieux les Samedi de 10h à 12h30, et l’amphi où elles se dérouleront vous sera indiqué au fur et à mesure de l’année. En cas de contrainte géographique importante, le séminaire peut être suivi en distanciel sur demande.

Programme de l’année universitaire 2023 / 2024

L’IMPORTANT ET L’ANODIN EN ENTRETIEN : UNE CLINIQUE MOEBIALE

L’entrée du patient dans la pièce de consultation peut sembler anodine et s’accompagne souvent d’une parole ou une remarque, un geste, une anecdote voire un silence. Comment le thérapeute ou l’analyste va-t-il accueillir les modalités singulières de présentation de chacun dans le dispositif d’écoute?

Jugera-t-il sans intérêt sa manière d’entrer, sa façon de saluer, d’ajouter une blague, une remarque ou son attention sera-t-elle éveillée ? La disposition du thérapeute sera-t-elle d’être aux aguets d’un contenu qui l’intéresse, qu’il attend, prendra-t-il en compte ce qui semble être le hors propos du patient. Sera-t-il à la recherche de l’indice d’un trauma d’où s’originerait la cause de ses troubles et orientera-t-il l’entretien vers une anamnèse explicative ? Sera -t-il l’analyste à l’écoute flottante, attentif à la musicalité des phrases énoncées ?

  Or chaque séance réserve son lot de surprise qui parfois se révèle après coup lors d’une supervision ou contrôle par exemple.
 Ce sont des choses qui nous échappent, auxquelles on ne prête guère attention. Peut-être parce que nous sommes trop enclins à attendre une parole pleine, qui fasse sens, des propos que l’on juge intéressants, qui éclairent la situation. Mais le plus souvent le patient nous présente l’important sous une forme anodine.

C’est là sous nos yeux mais on ne le voit pas, à portée de nos oreilles mais on ne l’entend pas. Un peu comme l’histoire de la lettre volée d’E. POE. Le préfet de police de Paris ne retrouve pas une lettre de la plus haute importance dans le boudoir royal parce qu’elle ne se trouve pas à l’endroit où sa réflexion logique l’amenait à conduire ses recherches. Il la supposait cachée alors qu’elle avait été laissée en évidence sur le bureau. La lettre ayant été froissée et maquillée elle semblait sans valeur.

Quelle importance accordons-nous à ce qui surgit comme sans valeur? L’importance de l’anodin ne se pose pas comme un oxymore mais comme une vraie question ! 

Certains verront ici une parenté avec la démarche Freudienne, celle de psychopathologie de la vie quotidienne. Freud accordant toute l’importance à ce que la science dédaigne : le rêve, le lapsus, l’acte manqué, l’oubli.

Mais encore dans l’entretien peuvent se révéler les éléments discrets qui signent la psychose. Ce sont des phénomènes élémentaires du délire.

Comme à notre habitude nous puiserons notre savoir dans la clinique, dans la rencontre au cas par cas avec les patients qui nous enseignent. A condition d’apprendre à défricher et à déchiffrer la logique de leurs plaintes, de leurs symptômes.

C’est à cela que nous nous attacherons cette année en naviguant de l’anodin à l’important, attentif à ce qui est souvent mis au rebut autant par les protocoles de soins que par la recherche de sens. L’insensé, ce qui surgit, le réel qui se manifeste nous serviront de guide.

Nous y lieront, de lire et lier, la praxis et la théorie, comme le titre du séminaire le suggère.

T. Nussberger – responsable d’enseignement du séminaire

1ère séance : samedi14 octobre 2023

Epistémologie : « De la psychopathologie de la vie quotidienne au Nouveau Roman – Le souffle de l’anodin » – Thierry Nussberger

Situation clinique : On ne badine pas avec l’anodin – David Sellem – Thierry Nussberger – et les participants

Programme de l’année universitaire 2022 / 2023

Année 2022 – 2023

Lieu : UFR des sciences humaines et sociales – amphi Pascal – île du Saulcy – Metz

LES CONCEPTS LACANIENS ET LEUR OPERATIONNALITE

Nous aborderons cette année les principaux concepts lacaniens.
Lire Lacan ça fait toujours peur ! Peur de ne rien y comprendre, peur de se sentir démuni et ridicule devant la complexité des concepts déployés tout au long d’une œuvre réputée difficile.

Une bonne protection devant ce rapport si anxiogène aux textes de Lacan serait de se dire que tout cela n’est que charabia pour intello, que ça n’a ni queue ni tête et qu’au final Lacan n’était qu’un imposteur. Pourquoi pas, si ça rassure ? A moins que devant ce chemin qui s’offre à nous, qui comporte des passages ardus et qui, de fait nécessite un bon entrainement, nous nous disions que ça vaut peut-être le coup de s’y aventurer.

Un autre frein dans l’abord de la théorie lacanienne est celui de son opérationnalité. Y-a-il une efficace dans la pratique, dans le traitement ?
Question très actuelle, surtout lorsqu’aujourd’hui des outils sont présentés comme scientifiquement validés pour le traitement de la plupart des troubles psychiques. Il est pratiquement établi aujourd’hui que tout ce qui n’est pas EMDR, Thérapie cognitivo comportementale et labellisé neuroscience, n’est qu’escroquerie. Difficile alors de s’inscrire dans un autre discours, de suivre une autre voie qui ferait de nous au pire des imposteurs, au mieux des fossiles.

A ceux qui voudront bien nous suivre cette année nous essaierons de montrer en quoi l’enseignement de Lacan est novateur, subversif et opérationnel car oui, dans la pratique, s’orienter avec la boussole lacanienne permet de ne pas perdre le cap et d’amener à bon port celui qui nous consulte.
Nous nous risquerons à cet autre discours, à ne pas suivre la messe qui est déjà dite !
T.Nussberger 

  • 1ère séance : samedi 15 octobre 2022 :
    1ère partie théorique  : « Langage, parole / Grand Autre, sujet » par David SELLEM
    2ème partie clinique : un cas présenté par Olivier LINDEN

  • 2ème séance : samedi 19 novembre 2022 :
    1ère partie théorique : « Signifiant/signifié – Métaphore/métonymie dans la théorie lacanienne » par David SELLEM
    2ème partie clinique : « Une demande de transition » par Thierry NUSSBERGER


  • 3ème séance : samedi 03 décembre 2022 : 
    1ère partie théorique : « Le trait unaire » par Barbara HOUBRE
    2ème partie clinique : « Je sais que ce n’est pas vrai mais j’y crois » par Sébastien MULLER

  • 4ème séance : samedi 04 février 2023 :
    1ère partie théorique : « Le stade du miroir/schéma L » par Thierry NUSSBERGER
    2ème partie clinique : «Logique des ensembles » par David SELLEM

  • 5ème séance : samedi 11 mars 2023
    1ère partie théorique : « Pulsion et objet a » par Sébastien MULLER
    2ème partie clinique : « Le rouge et le noire » par Barbara HOUBRE
  • 6ème séance : samedi 01 avril 2023 :
    1ère partie théorique : « La métaphore paternelle » par Thierry Nussberger
    2ème partie clinique : non précisée

  • 7ème séance : 06 mai 2023  : 
    1ère partie théorique : « La jouissance » par Olivier LINDEN
    2ème partie clinique : « HULK l’empêcha de sombrer » par Thierry NUSSBERGER
  •  8ème séance : 17 juin 2023 
    Nous aurons le plaisir d’accueillir en visio-conférence à l’amphi Pascal notre invité Fabian FAJNWAKS qui sera l’intervenant principal de cette matinée
    – 1ère partie théorique : « R.S.I. / réel, symbolique, imaginaire » par Fabian FAJNWAKS
    – 2ème partie Clinique :  Titre de l’intervention de Fabian FAJNWAKS non précisée

    Fabian FAJNWAKS est psychanalyste à Paris. Membre de l’École de la Cause Freudienne (ECF) et de l’Association Mondiale de Psychanalyse (AMP). Maître de conférences au Département de psychanalyse de l’Université Paris 8.  Auteur de nombreux articles et de livres, dont : Clartés de tout – de Lacan à Marx, d’Aristote à Mao, un ouvrage d ‘entretiens avec Jean-Claude Milner, conduits avec Juan Pablo Luchelli, publié chez Verdier, Paris, 2011 ; il a contribué à Elles ont choisi – Les homosexualités féminines, un ouvrage collectif sous la direction de Stella Harrison, Éditions Michèle, 2013 ; il a co-dirigé avec Clotilde Leguil et participé à l’ouvrage collectif Subversion lacanienne des théories du genre, in coll. « Je est un autre », des Editions Michèle, 2015. Il est l’actuel rédacteur en chef de la revue La cause du désir.

Programme de l’année universitaire 2021 / 2022

Horaire : 10h-12h30 Lieu : Amphithéâtre Arendt, UFR SHS Metz, Ile du Saulcy

Samedi 16 octobre 2021 – Rentrée

. Ouverture

. Epistémologie : « Freud, homme de science, a-t-il inventé une pratique scientifique ? », conversation à plusieurs voix sur la question de la scientificité ou non de la pensée Freudienne puis débat.

Samedi 13 novembre

. Epistémologie : « L’inconscient Freudien » par Salomé Garnier, Maître de conférences en psychologie clinique à l’Université de Lorraine, psychologue, psychanalyste.

. Clinique :   Raëfa Jallouz-Schweitzer, psychologue clinicienne et psychothérapeute au sein de l’Education Nationale nous parlera de sa pratique orientée par la psychanalyse.

Samedi 11 décembre

. Epistémologie : « La sexualité » par Sébastien Muller

. Clinique : « Les femmes confondent plaisir et amour » par Barbara Houbre

Samedi 15 janvier

. Epistémologie : « Le rêve » par Olivier Linden, Cadre de santé en addictologie, psychanalyste.

. Clinique : intervention de Madame MARC -Psychologue clinicienne référente de la cellule d’urgence médico-psychologique 54 et Zonale. Psychologue du centre territoriale du psycho-traumatisme Lorraine Sud, Enseignante vacataire de l’université de Lorraine Nancy nous parlera d’un  « Cauchemar de nuit ! »

Samedi 26 février

 Epistémologie : « Le transfert », par Jérémie Mercier, Psychologue clinicien en pédopsychiatrie au Centre Hospitalier de Lorquin

. Clinique : intervention de Madame le Dr JACO – psychiatre orientée par la psychanalyse qui nous présentera un cas de sa clinique.

Samedi 26 mars

Epistémologie : « Des pulsions vitalistes à la pulsion de mort », Barbara Houbre

Clinique : « Clinique du désespoir à l’ère des catastrophes annoncées », Thierry Nussberger


Samedi 30 avril

. Epistémologie : « Le symbolique » David Sellem

. Clinique : « Psychose graffiti » Sébastien MULLER

Samedi 21 mai

. Epistémologie : « Narcissisme » Thierry Nussberger

. Clinique : « Ho miroir… » Barbara Houbre

L’équipe enseignante :

Organisateur et responsable d’enseignement du séminaire :

Thierry Nussberger, Psychothérapeute déclaré à l’ARS et psychanalyste, enseignant-vacataire à la faculté de médecine, Université de Lorraine.

Co-enseignants :

  • Barbara Houbre, Maître de conférences en psychologie clinique à l’Université de Lorraine, Laboratoire Interpsy (EA4432), psychologue, psychanalyste.
  • Sébastien Muller, Responsable de l’axe Psychologie/Psychanalyse à l’IRTS de Lorraine, psychologue clinicien.
  • David Sellem, Psychologue clinicien du service de santé des armées à l’HIA Legouest, psychanalyste, enseignant-vacataire à l’Université de Lorraine.

Assistant à l’ élaboration des programmes /supervision d’édition

Olivier LINDEN – Cadre de santé – psychanalyste

Pour toute inscription, adressez un mail à david.sellem@neuf.fr

2 / Programme Global

I / L’entretien – questions pratiques –

1 – Comment mène-t-on un entretien selon sa visée : thérapeutique, psychanalytique ?

2 – L’accueil de la personne- Poser des questions ou non – questions fermées/questions ouvertes : différences- effets.

 3 – Le cadre : qu’entend-on par ce terme : sont-ce les murs qui en forment la limite ? Est-ce le signifiant : bureau du médecin, bureau du psychologue, de l’infirmier qui pose le cadre ?

4 – Comment le cadre participe de la résistance: chez le thérapeute, chez le consultant. Les murs sacralisent la parole quand ils sont investis par les professionnels. Quels effets sur le consultant ?
Des consultants qui préfèrent les espaces entre-deux, lieux où peuvent se dire des choses sans qu’elles soient investies par trop d’affects : entre deux portes, sur le pas de porte, dans le couloir.

5 –  L’anamnèse : intérêt de l’anamnèse. Systématique ou non ? Quelle boussole peut servir pour décider de questionner plus avant un consultant sur sa vie, ses symptômes, ses troubles ? Repérer comment un vécu peut ou non faire histoire pour un consultant.

6 – La pratique du silence :

Le silence dans l’entretien : celui du patient- celui du thérapeute/analyste.
La pratique du silence : quand elle devient un dogme !
Faire silence quant à la demande n’est pas se taire !
Le silence : dans quelle situation ? Quand, pourquoi et pour qui ?
L’effet du silence selon la situation, la structure de la personne etc.

7 – La position du thérapeute/analyste :
Rester dans la position du sujet supposé savoir.
Adopter la position de maître : consciemment/inconsciemment. Quand le consultant nous assigne à cette place.

8 – Le transfert – le contre-transfert :
Ce que peut susciter une demande d’écoute chez le thérapeute/analyste est essentiel dans l’accompagnement qu’il propose. Que faire de l’angoisse, l’ennui, l’agacement, ou l*atermoiement qu’il ressent parfois en situation d’entretien ? A-t-il à s’en servir ? A ne pas en faire cas ? A les traiter ? Différentes manières de composer avec ces dimensions sont possibles, elles impliquent de la part du thérapeute/analyste un positionnement ouvert et éclairé.

II / En quête de Sens ou de jouissance ?


1 – Chercher du sens : intérêt et risque – dérive imaginaire – Le sens  s’inscrit dans la logique phallique qui s’initie du zéro. C’est une logique comptable, mesurable, nommable. Elle inclut chronicité et rétroactivité

2 – Débusquer la jouissance
– Elle s’inscrit dans la logique du pas-tout  (pas-tout phallique). C’est celle de l’inconscient : hors temps, intemporelle, hors limite, infinie, logique du non mesurable et de l’innombrable, logique de l’innommable.
Quelle est la logique de la jouissance de chacun au-delà du sens ?
Ces notions de logique et de jouissance seront développées et explicitées avec des exemples cliniques pour en montrer l’efficace au décours d’un entretien.

III / intérêt du diagnostic et limite.

1 – Le diagnostic : stigmatisation ou repérage ?

 2 – A quoi se réfère-t-il :
Une normalité qui définirait une anormalité?
Une structure psychique ?

 3 – Un savoir et un non savoir y faire avec la jouissance : question du symptome/sinthome.

Fonctionnement du séminaire :

Chaque séance est divisée en deux parties :
– En première partie nous ferons l’épistémologie des psychothérapies et des psychanalyses en nous référant pour cela sur la classification du dictionnaire de l’Académie de Médecine (1). Nous nous attacherons à étudier l’œuvre des auteurs principaux. Nous contextualiserons leur propos et essaierons de montrer quelle était la visée de leur pratique et de leur théorie, quelles avancées celles-ci représentaient dans l’approche de la personne et nous tenterons aussi de cerner leur limite.

– Dans un deuxième temps, le temps clinique, nous nous attacherons à suivre notre programme. Les vignettes cliniques éclaireront à chaque fois les points théoriques que nous avanceront.

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